Yaris hybride 2020

La nouvelle Yaris hybride 2020 apparaît totalement inédite, sans pour autant renier ses fondamentaux au chapitre mécanique : cette quatrième génération dispose d’une motorisation hybride remarquablement sobre et douce.

Oubliez les turbos et la réduction de cylindrée, pourtant si en vogue chez la plupart des constructeurs. Car, droit comme un I, Toyota suit son cap. Sur le papier, son trois-cylindres atmosphérique pourrait paraître presque vieillot, avec son injection directe pour seul signe de modernité. C’est sans compter le fait que, chez le constructeur japonais, les ingénieurs se concentrent sur ce qu’il y a de fondamental : le rendement thermique. Ou comment tirer le maximum d’énergie de la moindre goutte d’essence.

Avec une valeur annoncée de 40 %, il se place parmi les tous meilleurs au monde, comme les autres moteurs de la famille Dynamic Force dont il est issue. Normal, il s’apparente fortement au moteur essence de la Corolla, qui avance la même valeur record, grâce en partie à un fonctionnement en cycle Atkinson du moteur thermique (les soupapes d’admission restent partiellement ouvertes pendant une partie de la phase de compression), qui permet de porter le taux de compression à 14:1.

Comme si cela ne suffisait pas, on a chez Toyota peaufiné la géniale transmission hybride à train épicycloïdal. Tellement simple et efficace que les concurrents se creusent les méninges avec ardeur pour contourner des brevets qui les embêtent depuis maintenant plus de vingt ans. Désormais, le moteur de traction (solidaire de l’axe de l’essieu avant) et le générateur sont placés l’un au-dessus de l’autre pour gagner en compacité : la transmission est maintenant plus étroite de 37 mm qu’auparavant. Et, c’est presque une révolution, Toyota consent à abandonner sa batterie au nickel pour une nouvelle au lithium-ion, qui permet plus de puissance dans le mode électrique. De quoi, sur le papier, encore diminuer des consommations déjà flatteuses.

Yaris hybride 2020 rouge

Un appétit de moineau pour cette Yaris hybride 2020 

Ne n’allons pas vous faire languir plus longtemps. En effet, les consommations sont en nette baisse. Nous avons relevé une moyenne de 4,3 l/100 km (soit exactement la valeur officielle annoncée sur le cycle WLTP) à l’issue d’un parcours mêlant ville, route et voie rapide, dans les environs de Bruxelles. Certes, le relief modéré du plat pays participe peut-être à la performance, mais celle-ci mérite d’être soulignée.

A première vue, la Yaris hybride 2020 semble bien plus sobre que sa devancière et se place même comme une championne de la catégorie des citadines. Le tout, en améliorant nettement les performances (enfin, la puissance cumulée annoncée de 116 ch semble présente à la pression du pied droit), alors que l’effet d’emballement à l’accélération, typique des transmissions à variation continue, est très sensiblement atténué.

Mais si les efforts de Toyota en termes de motorisation sont louables, ce n’est pas là que se situait le cœur du problème. Car la précédente mouture souffrait avant tout d’un confort et d’un comportement routier en retrait. Il faut dire que l’auto était âgée de près de dix ans, un âge canonique dans la catégorie. Là aussi, le constructeur japonais a pris le taureau par les cornes. La plateforme TNGA-B apparaît totalement inédite, même si elle partage certains composants avec ses grandes sœurs, dont celle de la Corolla.

Yaris hybride 2020, le moteur

L’agrément de la Yaris hybride 2020 enfin à la hauteur

Plus rigide, mieux insonorisée, cette version hybride peut enfin rivaliser avec la concurrence en dehors des cités. Les bruits de roulement sont nettement mieux contenus qu’auparavant, alors que la suspension, qui bénéficie de ressorts plus souples que sur l’ancienne génération, filtre bien mieux les irrégularités. A défaut de survoler les débats, la petite Toyota Yaris hybride 2020 se place maintenant dans la bonne moyenne.

Dire qu’elle est amusante à conduire serait exagéré : si le châssis est maintenant nettement plus agile, la mécanique n’a aucune velléité sportive. Mais elle peut déplacer ses passagers d’un point A à un point B sans fatigue, sans efforts et – c’est nouveau – sans ennui. Le bond en avant est similaire à celui qui existe entre la Corolla et sa devancière, l’Auris. Seul véritable reproche : une direction collante, qui impose trop de corrections en virages.

Cette agréable compagne du quotidien a choisi de sacrifier l’habitabilité aux places arrière sur l’autel de la compacité. Avec une longueur de 3,94 m, la Yaris hybride 2020 compte parmi les citadines polyvalentes les plus petites. C’est un atout pour se garer en ville, où le rayon de braquage assez contenu (5,2 m avec les jantes de 17 pouces de notre modèle d’essai) permet une jolie maniabilité. Toujours au rayon aspects pratiques, le coffre affiche un volume correct avec 286 litres, dans la bonne moyenne de la catégorie.

Yaris hybride 2020

Un écran vieillot, mais un équipement ultra moderne

A l’intérieur donc, on peut tiquer devant l’espace compté aux places arrière, mais aussi face à cet écran tactile, certes de dimensions assez généreuse (8 pouces en haut-de-gamme), mais au logiciel vieillot, bien qu’il soit âgé de moins de deux ans, puisque inauguré par la Corolla. Il existe plus fluide et plus agréable sur le marché et la présentation générale de la planche de bord semble par ailleurs assez quelconque, bien que le niveau de finition soit correct. On se consolera avec un équipement moderne et pléthorique. De série, la Yaris hybride offre sur toutes les versions la climatisation automatique, l’accès et démarrage mains-libres, les airbags centraux, le régulateur de vitesse adaptatif et les feux de route automatique.

« Elle a tout d’une grande ». Si ce slogan pourrait s’appliquer à cette nouvelle Yaris, c’est qu’il y a une raison. Longtemps seule au monde sur le terrain des citadines hybrides, la Toyota doit faire face à de nouvelles rivales, à commencer par celle qui a, justement, étrenné ce slogan publicitaire : la Clio. Car celle-ci s’apprête à débarquer dans les concessions avec une inédite Renault Clio e-Tech, elle aussi avec un système hybride et forte de 140 ch. Et il y a également la nouvelle Honda Jazz, plus sobre et futée que jamais. Voilà qui a conduit la Yaris à rehausser la barre et à contenir ses prix.

Car cette nouvelle mouture offre un meilleur rapport prix/équipement que ses deux nouvelles concurrentes. Elle s’affiche même moins cher qu’une Peugeot 208 essence à boîte automatique ! Les raisons de ne pas céder aux sirènes de l’hybride sont de plus en plus difficiles à trouver, bien que les crossover urbains hybrides rechargeables comme le Captur e-Tech peuvent faire les yeux doux.