Longuement attendue, la Dacia Spring est désormais disponible au catalogue et s’annonce comme la voiture électrique la plus abordable du marché. Sa recette habituelle est un avantage, mais elle devra notamment faire face à la Renault Twingo.

Précurseur dans le segment des voitures électriques avec la Zoé, Renault va passer la seconde vitesse en la matière : après la Renault Twingo Z.E, la marque au Losange entend bien se positionner comme le constructeur proposant la mobilité électrique au meilleur prix. Et en attendant la première représentante de ces ambitions, la prochaine Renault 5, le rôle revient à la Dacia Spring. Avec sa première voiture électrique, la marque roumaine conserve sa stratégie en cultivant le pragmatisme et en affichant des prix très serrés. Pour atteindre son prix de 16 990 €, la Dacia Spring pioche donc généreusement dans les rayons du magasin de pièces Renault, déjà éprouvées sur d’autres modèles.

S’allongeant sur une longueur de 3,73 m pour 1,58 m de haut et 1,51 m de large, la Dacia Spring affiche un format de poche. Elle n’oublie pas la mode automobile actuelle avec une hauteur de caisse surelevée de 15,1 cm et des protections en plastique noir. Sans rougir, la citadine sino-roumaine se targue d’être le plus petit des SUV. Un argument commercial plutôt qu’une réalité technique. Car la Dacia Spring cache sous sa robe travaillée une conception sommaire. Elle reprend la base de la Renault City K-ZE vendue en Chine, elle même dérivée de la Kwid. Le duo Dacia/Renault repose sur la plateforme CMF-A initialement imaginé pour les marchés émergeants.

 

Une fiche technique (très) modeste

Celle-ci permet d’embarquer une batterie lithium-ion d’une capacité nette de 27,4 kWh sous les places arrière et un moteur avant d’une modeste puissance de 44,9 ch (33 kW) pur 125 Nm de couple. Côté performance, la Spring prouve bien que ses ambitions sont uniquement citadines : il faut compter 19,1 s pour le 0-100 km/h. Et si la vitesse maximale de 125 km/h lui permet de s’aventurer sur les périphériques ou sur autoroutes, contrairement à une Citroën Ami, ses reprises l’empêchent d’évoluer sereinement sur ces terrains : nous avons chronométré le 80-120 km/h en 27,9 secondes. C’est donc le 0-50 km/h qui a le plus de sens ici, avec un chrono 6,46 secondes. A noter que ces valeurs ont été réalisées sans activer le mode Eco, qui bride la puissance à seulement 30 ch pour économiser 9% d’autonomie en plus, soit près de 21 km en moyenne.

La Dacia Spring évite de sombrer grâce à sa masse maintenue sous la barre de la tonne, avec 970 kg sur la balance (dont 186 kg de batterie). Mais cette masse maîtrisée rend sensible la voiture aux bourrasques, qui influeront sur les consommations électriques mais aussi sur la tenue de cap. A sa vitesse maximale, la Spring semble flotter et la direction bien trop légère invite à lever le pied. Un phénomène d’autant plus stressant sur chaussées humides, où les pneus Ling Long Green Max de 165/70 R14 se montrent incapables d’assurer le grip. Leur comportement n’est pas piégeur avec une vitesse raisonnable en courbe, mais le surplus d’angle au volant, comme dans les ronds-points par exemple, réveille directement l’ESP, qui agit bruyamment sur les freins. A consommer de préférence sur sol sec donc, ou envisager une autre monte de pneumatiques dès l’achat du véhicule.

Pour tout connaître de la Dacia Spring, retrouvez son essai dans Génération Electrique et Hybride n°7.