Toyota-Prius-PHEV3

Pionnière de l’hybride, la Toyota Prius est tellement aboutie que la moindre
modification altère ses qualités. Comme par exemple ajouter une batterie plus
imposante, même si cela en fait une hybride rechargeable assez valable.

Dès la deuxième génération de Prius, Toyota avait envisagé d’ajouter une batterie plus
importante pour qu’elle puisse rouler quelques dizaines de kilomètres en tout électrique,
après une recharge. L’idée a fait son chemin avec la troisième génération, la première proposée au grand public. Mais son surcoût et ses faibles performances n’ont guère convaincu. Enfin, la dernière mouture offre un compromis plus convaincant : en ville
et périurbain, il est réellement possible de parcourir 50 km sans utiliser le moteur essence. C’est d’autant plus facile que la puissance en mode électrique est désormais décente : plus besoin de conduire avec un oeuf sous le pied ! Pour arriver à cela, les ingénieurs ont trouvé une astuce. Le seul moteur électrique de 72 ch aurait été un peu juste pour emmener les 1.530 kg de la Prius Rechargeable. Celle-ci met donc en plus à contribution le générateur,
qui tourne habituellement dans le sens inverse du moteur essence… Et donc des roues. Le constructeur japonais a résolu le problème en ajoutant un système de roue-libre sur le porte-satellite du train épicycloïdal qui fait offi ce de transmission. Ainsi, le générateur
peut ponctuellement fonctionner comme moteur. Aussi simple que génial : on peut ainsi   profiter des 92 ch de la batterie au lithium, pour un agrément sans commune mesure avec la plupart des concurrentes. Reste qu’une fois la batterie vidée, cette Prius Rechargeable devient une Prius affublée d’un poids mort. Cela se ressent sur les performances, bien moins convaincantes que sur la version standard. Pour tenter d’endiguer le phénomène, Toyota a choisi un rapport de pont plus court. Mais cela a pour conséquence de trop faire monter le moteur dans les tours lors des accélérations. C’est bruyant, mais guère effi cace… Les tarages de suspension revus donnent un comportement routier satisfaisant, même si l’agilité pâtit un peu du surpoids.

Des aspects pratiques rognés

Plus que le bilan dynamique, ce sont surtout les aspects pratiques qui souffrent dans l’opération. Car la batterie plus importante que dans la Prius standard impose de rehausser le plancher de coffre plus que de raison. Avec 191 litres, celui-ci est plus réduit que
dans une Renault Twingo ! Comme si cela ne suffi sait pas, cette Prius Rechargeable est une stricte quatre places… Inacceptable pour les chauffeurs de taxi qui représentent un bonne part de la clientèle de l’hybride japonaise, même si le problème pourrait bientôt être
résolu. Et si, par rapport à la concurrence, le tarif est raisonnable, le surcoût d’environ 7.000 € par rapport à la version standard semble impossible à rentabiliser. Voilà pourquoi on ne voit pas souvent cette version dans les rues, pourtant reconnaissable avec ses faces avant et arrière inspirées de la Mirai à hydrogène.