Avec sa plateforme e-GMP le groupe Hyundai-Kia promet une charge extrêmement rapide. A l’heure actuelle, la Kia électrique EV6 est le modèle qui dispose de la plus grosse batterie. Et la version deux roues motrices étant celle qui consomme le moins sur le papier, c’est celle que nous avons choisi pour jauger ce phénomène sur un long trajet de 900 km entre Paris et Cannes, dans la journée.

kia électrique EV6

Il y a encore trois ans, il était vain d’espérer parcourir de longues distances avec une voiture électrique autre qu’une Tesla. Les constructeurs coréens ont été les premiers à offrir une autonomie décente avec les Hyundai Kona et Kia e-Niro. Avec cette nouvelle plateforme e-GMP, c’est une nouvelle rupture technologique qui arrive. Elle ne concerne pas l’autonomie, mais la vitesse de charge, grâce à une architecture électrique capable de tirer parti des bornes Ionity qui délivrent une tension de 800 volts. Le constructeur promet en effet une charge de 10 % à 80 % en 18 minutes, ce qui est un record dans la production mondiale. Voilà qui augure a priori des temps de parcours record avec des arrêts réduits à la durée d’une pause café. C’est ce que nous avons voulu vérifier en temps réel, lors d’un trajet entre Paris et Cannes.

Avec une batterie de 77,4 kWh, équivalente à celle d’une Tesla Model 3 Grande Autonomie, et une autonomie sur cycle de 528 km, on s’attend à voir défiler les kilomètres en retardant les arrêts. Mais la consommation, nettement supérieure à celle d’un e-Niro, déçoit : avec une moyenne comprise entre 25 kWh/100 km et 26 kWh/100 km, la Kia électrique EV6 n’offre finalement pas plus d’autonomie que son frère pourtant lancé il y a trois ans. En cause : une masse supérieure et une aérodynamique moins poussée. Difficile d’espérer parcourir plus de 300 km d’une traite à 130 km/h, si bien que nous arrivons à la borne Ionity de Montélimar avec seulement 5 % de batterie. Mais la charge est d’autant plus rapide que nous n’avons pas besoin de dépasser 80 %. Un arrêt pipi et un café, il est déjà temps de repartir.
Recharge kia électrique EV6 Même topo sur l’aire de Taponas, aux environs de Mâcon. Vu qu’il nous faudra anticiper l’arrêt suivant pour traverser le Morvan, où Ionity n’est pas implanté, un bref arrêt suffi rait… Sauf qu’il est l’heure de déjeuner. A peine notre repas englouti, on a récupéré 87% de charge, alors que celle-ci s’est interrompue sans explication juste avant que nous débranchions l’auto. Peu importe, nous avons plus de charge qu’il n’en faut. A l’arrivée sur l’aire des Lochères, c’est malheureusement une galère qui nous attend. Le serveur informatique de Ionity est en panne au niveau européen, plus aucune borne de charge du réseau ne fonctionne dans toute l’Europe ! Il nous reste un peu plus de 40 % de batterie, sans doute suffisant pour rejoindre une station Total à 130 km d’ici, en roulant à 100 ou 110 km/h. Mais on nous promet un rétablissement rapide. Finalement, nous sommes restés plus d’une heure et demie avant que les bornes ne fonctionnent à nouveau. Cette, fois, nous faisons le plein de notre kia électrique à 100 % pour arriver à destination sans un nouvel arrêt.

S’il n’y avait pas eu cette panne de serveur, nous aurions pu effectuer les 900 km de trajet autoroutier quasiment dans le même temps qu’une voiture essence. Voilà qui prouve le bien-fondé des choix technologiques de Hyundai-Kia, même si l’on attendait une autonomie meilleure. Surtout que c’est aujourd’hui bel et bien l’infrastructure qui est perfectible.