Harley-Davidson 1er

La révolte de Milwaukee

Le premier roadster électrique signé Harley-Davidson marque une profonde rupture technologique et philosophique dans l’histoire de la moto. Même les bikers les plus conservateurs ne pourront résister à l’attraction de cette bombe à ions.

Les seigneurs de l’industrie du deux-roues traînent à effectuer leur transition énergétique. A l’instar de Tesla dans le monde automobile, c’est une start-up californienne baptisée Zero Motorcycles qui a ouvert la voie de l’électrification de la moto en 2006. Aujourd’hui, la Zero SR/F offre des performances fulgurantes, une autonomie suffisante et une connectivité évoluée. Pour se mesurer à cette nouvelle référence, Harley-Davidson a pris le temps de bien faire les choses. Le prototype de la Livewire fait ses premiers tours de roue en 2014, mais les premiers essais presse de la version définitive sont organisés en juillet 2019. Le lancement commercial prévu dans la foulée est finalement décalé d’un an pour fiabiliser la machine. La première Harley électrique arrive donc en concession après six ans de développement.

Un travail rigoureux et minutieux qui se perçoit dès le premier abord

La Livewire se montre bien mieux finie qu’une Zero Motorcycles SR/F. La belle de Milwaukee offre un style plus original avec des ajustages plus précis, une ergonomie des commandes plus soignée, une courroie de transmission plus large, un éclairage entièrement à Led et des pneus Michelin sur mesure. Son instrumentation numérique repose sur un écran tactile inclinable avec un kit Bluetooth. L’application pour smartphone permet notamment de surveiller sa charge, et s’accompagne d’un système de localisation. La Livewire fait surtout la différence sur le plan mécanique, en optant pour une batterie de plus forte capacité (15,5 kWh, contre 14,4 kWh pour la Zero) et un moteur à refroidissement liquide associé à une transmission évoluée.

Ce bloc synchrone à aimants permanents se situe sous la batterie en position longitudinale. Cette disposition particulière nécessite d’ajouter un renvoi sous forme d’engrenage pour transmettre le mouvement du moteur via une courroie. La Livewire intègre donc une mini boîte avec un réducteur à engrenage qui baigne dans l’huile. Cela nécessite une vidange tous les 20.000 km et ajoute du poids. Mais la gestion du couple est optimale et le centre de gravité bas garantit un excellent équilibre. La Livewire utilise aussi son originale transmission pour générer un sifflement discret à l’accélération et émettre comme une sorte de battement de cœur à l’arrêt. Un clin d’œil aux good vibrations du V-Twin, qui permet surtout de savoir que le moteur est en marche faute de bruit et de vibration, justement.

Malgré ses 249 kg et son rayon de braquage assez ample, la fée de Milwaukee se manie aisément. La selle étroite et basse tanne le fessier, mais offre l’avantage d’affiner la machine et de la rendre accessible aux petits gabarits. La conduite s’apparente à celle d’un scooter ultra réactif et sans odeur. Pas de risque de se brûler sur l’échappement ou de transpirer dans les bouchons. L’accélérateur électronique précis et l’antipatinage très efficace assurent une réponse instinctive.

Retrouvez l’intégralité de cet essai sur l’Harley-Davidson Livewire
dans Génération Electrique n°4
HARLEY-DAVIDSON LIVEWIRE
À PARTIR DE 33 900 €

MOTORISATION
Type :
moteur électrique synchrones à aimant permanent
Batterie : 15,5 kWh
Puis. max. : 105 ch
Couple max. : 116,6 Nm
Boîte de vitesses : rapport fixe unique
Transmission : courroie, rapport 55/17
Nbre places : 2
Pneus : 120/70 ZR 17 et 180/55 ZR 17 Michelin Scrocher Sport

DIMENSIONS/CAPACITÉS
L/l/h :
2 135 mm / 830 mm
Empattement : 1 490 mm
Garde au sol : 130 mm
Hauteur de selle : 780 mm
Poids à vide : 249 kg
Vitesse maximale : 180 km/h
0 à 100 km/h : 3,0 s
Automonie constructeur (km) :
Mixte/urbain/extra urbain : 152 km / 235 km / 113 km
Emission CO2 (g/km) : 0